Lettre à toi, la directrice qui a l’impression de n’avoir rien fait de sa journée. Il est 19h30 et tu rentres dans ton bureau. Tu as l’impression d’avoir surfé entre quatre réunions, une urgence sur le pas d’une porte, et un lancement de projet avec un cabinet… sans jamais vraiment pouvoir te poser. Pendant ton absence, 39 mails sont arrivés. Quelques appels aussi. Et maintenant que le calme revient, une sensation t’envahit : celle de n’avoir rien fait. Tu te sens fatiguée et débordée. Et peut-être que déjà, une petite voix vient juger tout ce temps passé “ailleurs”. Sache que je comprends. Cette fatigue-là. Cette impression de temps flou, insaisissable, presque inutile. Et pourtant…Tu as été précieuse aujourd’hui. Tu as sans doute débloqué une situation. Apaisé une tension. Apporté de la clarté là où il y en avait peu. Tu as incarné ton rôle. Même dans le mouvement. Même dans l’imprévu. Surtout dans l’imprévu. Ce n’était pas du temps perdu. Tu as fait ta part. Et le reste peut attendre. Vraiment. Chère manager engagée, j’aimerais te dire que tu es importante pour ton entourage professionnel, personnel mais surtout pour toi-même. Je suis sûre que c’est dans le repos choisi que tu vas te régénérer. En prenant ce temps de pause, où tu oses dire « stop », tu écoutes ta limite et tu prends soin de toi. Et si c’est difficile pour toi de t’arrêter, sache que je te comprends aussi. Je t’adresse mes pensées les plus chaleureuses. Bien à toi. Je suis Cathy Matichard, j’accompagne les professionnels et les managers dans leur vécu au travail. Je les aide à porter un regard juste sur leurs problématiques. Je les amène à une prise de recul bénéfique pour eux-mêmes tout en respectant l’organisation et leurs engagements.
LES CAPSULES AUDIO
Ces capsules audio offrent un espace court qui se veut réconfortant pour explorer son vécu à partir d'une situation qui pourrait être la vôtre. Elles ouvrent à un autre point de vue et à instant "réconfort" à un moment où vous pouvez en ressentir le besoin.
Il est possible de les écouter ou d'en lire le texte, selon votre préférence. Bonne découverte !
Concept et voix : Cathy Matichard
2 min top chrono
Un moment d'apaisement qui permet de porter un autre regard sur son quotidien.
Lettre à toi, le chef de projet… qui n’en peux plus de devoir t’adapter tout le temps. Tu viens de sortir du COPIL. Et là, tu sens la colère monter. Tu aurais envie de pousser les murs, de faire sortir toute cette pression qui s’accumule. En 30 minutes, tu viens d’apprendre que l’expert outillage quitte le projet, et qu’il ne sera probablement pas remplacé tout de suite. Dans le même temps, les coûts d’acheminement des matières augmentent. Et ton binôme, absent depuis des mois, laisse un vide que tu compenses tant bien que mal. Pourtant, les délais restent inchangés. Ta petite voix intérieure revient : “Tu ne vas pas y arriver. Tu n’es pas à la hauteur.” On t’a appris que t’adapter, c’était la base du métier. On attend d’un chef de projet qu’il “reste agile”, qu’il “absorbe les aléas”, qu’il “tienne la méthode”. Mais aujourd’hui, ta colère est là. Et elle est légitime. Elle parle d’une limite atteinte, de ce contexte qui change trop vite, trop fort, trop souvent. Elle ne dit rien de ton incompétence. Elle dit simplement que tu es humain. L’être humain ne s’adapte pas toujours à tout, en toute circonstance, instantanément. Alors la première chose que j’ai envie de t’encourager à faire, c’est prendre le temps de comprendre ce qui se joue. Tu as le droit de prendre ce temps-là. Tu as le droit de chercher des appuis, de ne pas porter seul. Je suis convaincue que tes capacités à observer, ton sens de l’organisation, tes facultés à poser un cadre clair t’amèneront vers une réalisation juste, réaliste, alignée. Mais ce dont je suis certaine, c’est toute la conviction et l’engagement que tu mets dans ton travail. La confiance que tu inspires. Cher chef de projet, j’ai envie de reconnaître ta force : celle de voir ta colère, et de l’écouter. Parce que c’est souvent d’elle que naissent les pistes les plus ajustées, les décisions les plus lucides. Tu n’es pas en train d’échouer. Tu es en train d’intégrer ton nouveau contexte. Et c’est déjà immense. Je suis Cathy Matichard, j’accompagne les professionnels et les managers dans leur vécu au travail. Je les aide à porter un regard juste sur leurs problématiques et à retrouver une prise de recul bénéfique, tout en respectant leur réalité et leurs engagements.
Lettre à toi, l'assistante administrative...qui a peur d'être remplacée par une IA." Ce matin, tu étais en visio sur les processus, méthodes et outils. Depuis quelques mois, tu entendais parler d’automates et de technologies intelligentes. Des mots qui flottaient… sans vraiment t’atteindre. Jusqu’à aujourd’hui. Ton directeur a annoncé l’arrivée de l’IA pour optimiser. Et presque naturellement, il a demandé que le prochain bilan annuel soit rédigé par l’assistant IA déjà utilisé à la compta et en assistance médicale. Tu as reçu cette annonce, et ton cœur a fait un sursaut. Comme si, en une seconde, quelque chose avait basculé. Tu t’es demandé : “Est ce que je vais savoir travailler avec ça ? Et… est ce qu’un jour, je serai remplacée ?” Je veux te dire que je te comprends. Cette peur qui monte d’un coup. Cette sensation d’être bousculée, presque effacée. Et pourtant… aujourd’hui, rien ne t’a remplacée. Et Ta valeur reste intacte. Ce que tu fais chaque jour — tenir les délais, anticiper, trouver l’idée qui simplifie tout, gérer les relations avec tact — tout cela reste profondément humain. Et profondément précieux. Je ne vais pas te dire que tout ira bien. Je ne le sais pas. Mais je crois en la capacité des êtres humains à traverser leurs peurs. En cette intelligence du réel, celle qui observe, qui comprend, qui se réinvente. Le fait que tu réagisses montre que tu es déjà en mouvement. Tu ne nies pas le changement. Tu le regardes. Tu le nommes. Et c’est un premier pas. Tu ne perds pas ton pouvoir de penser, d’agir, de créer. Ni ta capacité relationnelle, si précieuse pour vivre ce virage à venir. Chère assistante administrative, j’ai envie de t’adresser toute ma considération. Bien à toi. Je suis Cathy Matichard, j’accompagne les professionnels et les managers dans leur vécu au travail. Je les aide à porter un regard juste sur leurs problématiques et à retrouver une prise de recul bénéfique, tout en respectant leur réalité et leurs engagements.
Lettre à toi, le professionnel de santé qui travaille cette nuit aux urgences. Il est 3h du matin et tu sors d’une salle où les lits s’amoncellent. Les patients admis attendent de voir l’interne, certains depuis des heures. Il n’y a plus de place dans le couloir. Une femme gémit, un homme appelle parce qu’il a froid. Tu traverses la pièce pour aider ta collègue à ramasser un plateau repas tombé au sol, et tu te mets à chercher le produit nettoyant qui a encore disparu au mauvais moment. Tu enchaînes, tu passes d’un patient à l’autre, d’une urgence à une autre, sans même t’en rendre compte. Et c’est seulement quand une crampe te traverse le ventre que tu réalises que tu n’as pas eu une minute pour aller aux toilettes depuis le début de ta garde. Mais tu continues. Parce que ta priorité, c’est de prendre en charge les patients avant le changement d’équipe. Parce que tu veux éviter les tensions, parce que tu veux soutenir tes collègues, parce que tu veux que tout le monde soit soulagé, un peu, avant de finir ta nuit. Je veux te dire que je vois ton dévouement. Je vois ton engagement, ta loyauté envers les patients, envers l’équipe, envers ce métier que tu tiens à bout de bras. Je vois comment tu t’organises, comment tu t’adaptes, comment tu “tiens ta nuit” coûte que coûte. Et je veux aussi te dire que je suis inquiète pour toi. Inquiète de voir à quel point la charge te pousse à t’oublier. À quel point ton corps doit crier fort pour que tu l’entendes. Je n’ai pas de solution miracle. Je ne peux pas alléger la salle, ni réduire le nombre de patients, ni rallonger les effectifs. Mais je peux t’encourager à t’écouter. À reconnaître les signaux du corps. À prendre, quand c’est possible, ces quelques minutes qui ne sont pas un luxe, mais une nécessité. Cher professionnel du soin, je t’adresse mes pensées les plus chaleureuses et sache que je te soutiens. Je suis Cathy Matichard, j’accompagne les professionnels et les managers dans leur vécu au travail. Je les aide à porter un regard juste sur leurs problématiques et à retrouver une prise de recul bénéfique, tout en respectant leur réalité et leurs engagements.
Lettre à toi, la responsable de la Communication Interne qui s'interroge sur la notion de "Bienveillance au travail". Tu viens de terminer les derniers ajustements pour ton article, celui qui paraîtra dans la newsletter interne avant l’été et qui retrace la semaine dédiée à la qualité de vie au travail. Tu fermes ton ordinateur, et pourtant une pensée continue de tourner en boucle depuis cette question, glissée par un professionnel de ton équipe : « La bienveillance au travail… oui, d’accord, mais qu’est ce que ça veut dire, vraiment ? » Sur le moment, tu as répondu presque machinalement. Mais la question t’a suivie. Elle s’est invitée dans ton trajet du retour. Parce que derrière « bienveillance au travail », tu sens un risque : celui qu’on en fasse un slogan. Celui qu’à force de vouloir être bienveillants, on n’ose plus rien se dire. Et que la réalité du travail, parfois rude, soit mise sous silence pour éviter les débats, ou les tensions. Chère professionnelle, qui porte un soin particulier au choix des mots, sache que j’apprécie profondément ce doute que tu portes. Parce qu’il ouvre la voie à quelque chose de plus juste. La bienveillance, la vraie, n’est pas une douceur permanente. Elle n’est pas un « tout va bien » qui étouffe ce qui ne va pas. La bienveillance juste demande du courage : celui de dire les choses même quand elles piquent un peu, le courage d’écouter ce qui dérange, le courage d’être authentique — Et cette authenticité est parfois inconfortable, mais elle permet à la relation professionnelle de mieux repartir. Et si c’est difficile pour toi d’imaginer pouvoir échanger sur ce qui est délicat, je te comprends. Parce qu’en vérité, ça l’est. Mais il existe une voie : on peut apprendre à relationner autrement, à parler des choses désagréables sans blesser, sans heurter, sans abîmer. On peut apprendre à dire vrai tout en prenant soin de soi et des autres. Mais cela reste un chemin, pas un réflexe. Chère responsable de la communication, je veux te remercier pour ta réflexion. Elle ouvre la voie à des relations professionnelles plus justes et plus alignées, et qui font du bien.
Lettre à toi, la professionnelle chargée de l’accueil… qui a vécu la goutte de trop. Tu es à ton poste en train de renseigner une personne. Tu le vois dans la file d’attente : il s’agite, il soupire. Et déjà, tu sens ton attention se disperser, ta respiration devenir plus courte. Son tour arrive. Il te refait la même demande que l’avant‑veille. Tu as déjà vérifié son dossier, expliqué les délais, rappelé que certaines décisions nécessitent une expertise, et du temps. Mais il insiste. Il veut sa réponse maintenant. Il hausse le ton et menace d’écrire plus haut. Tu restes professionnelle. Tu expliques, tu reformules, tu tiens ton rôle. Et pourtant, à l’intérieur de toi, c’est le chaos émotionnel. Parce que ce n’est pas seulement lui. Ce sont toutes celles et ceux qui, ces derniers mois, ont parlé trop fort et exigé beaucoup. Tu fais taire les émotions que tu ressens. Tu tiens ta position mais tu n’as pas d’autres choix que d’appeler ta responsable. Elle prend le relais. Tu vois que tu te distances de la scène… Et d’un coup, les larmes montent. Tu vas t’enfermer dans le box d’à côté et tu pleures. Tu ne pleures pas de tristesse. Tu pleures parce que c’est trop. Saches que je suis avec toi exactement et précisément à ce moment‑là, quand la digue cède. Ce n’est pas un échec. C’est le signal que tu as besoin d’évacuer la pression. Et moi je veux te montrer combien tu as été une professionnelle engagée : Tu n’as pas cédé à la menace. Tu as rappelé le cadre d’intervention. Tu as demandé un relai. C’est ça être pleinement dans sa compétence : aller chercher des solutions et s’autoriser à vivre ses émotions même dans les larmes. Mais ces moments-là sont éprouvants, pendant et après. Ils peuvent faire oublier tous les accueils qui se passent bien, toutes les situations que tu débloques. Alors je veux t’encourager à parler de ces pleurs qui débordent à force de « tenir ». À t’appuyer sur tes collègues, sur ta responsable, sur les espaces où l’on peut déposer ce qui pèse lourd. Chère professionnelle engagée dans le service rendu à l’autre, je veux que tu sois certaine de ma reconnaissance de ton travail qui demande autant de cœur que de solidité. Bien à toi.
Lettre à toi, le professeur des écoles qui s'apprête à vivre le marathon du mois de juin. Tu es sur ton vélo, tôt le matin. Tu pédales un peu plus vite que d’habitude parce que, dans ta tête, la journée a déjà commencé depuis longtemps. Tu penses au programme qu’il faut terminer, au spectacle de fin d’année, à la sortie scolaire… et à cette chaleur de mai qui commence déjà à épuiser tout le monde. Tu essayes aussi de te souvenir si toutes les autorisations des parents sont bien revenues signées. Mais au fond, ce n’est pas vraiment ça qui te préoccupe le plus. Tu penses surtout à ces trois élèves en difficulté cette année. À cette dernière évaluation où presque toute la classe a échoué. Et une inquiétude s’installe : est-ce que certains auront le niveau pour la classe supérieure ? Est-ce que ta collègue ne devra pas tout reprendre l’an prochain ? Alors tu cherches ce que tu aurais pu faire autrement. Les supports ? La pédagogie ? Le rythme ? Tu vas même jusqu’à remettre en question ce parcours artistique que tu avais pourtant construit avec enthousiasme. Et petit à petit, ta confiance se fragilise alors que le marathon de juin a à peine commencé. Mais moi, je veux te dire que je vois autre chose. Je vois ce professeur qui agit sur tous les fronts pour que ses élèves gardent un beau souvenir de leur année de CM1. Je vois ce que tu mets dans ce spectacle de fin d’année pour créer un moment fort, autant pour les enfants que pour leurs parents. Je vois aussi ce professionnel qui essaye sincèrement de faire progresser chaque élève tout en accompagnant un groupe entier. Et ce n’est pas simple. Car pendant que tu doutes de toi, tu oublies tout ce que tu as porté cette année : les Equipes de Suivi de Scolarisation, les réunions, les formations sur les troubles des apprentissages… et ce soir où tu es resté tard pour accompagner les parents de Sacha dans la mise en place de son ordinateur. Tu as fait ce que tu as pu, avec engagement, réflexion et cœur. Chère professionnel engagé dans la transmission, je veux t’encourager à prendre soin de toi dans cette période intense.
Lettre à toi, l'assistante sociale qui reprend ses études pour devenir directrice malgré les doutes et les journées bien remplies. Tu es au volant de ta voiture. Tu regardes l’heure plusieurs fois. Tu sais déjà que ta semaine sera trop courte. Tu surfes entre ton métier auprès des résidents et des familles, les réunions sur plusieurs sites, … et maintenant cette formation pour diriger un établissement médico-social. Et puis il y a aussi ta vie de famille. Ces départs tôt le matin, ces retours tardifs, cette sensation parfois d’être partout… sauf vraiment disponible. Et pendant que la route défile, les questions t’arrivent : Est-ce que ce n’est pas trop ? Est-ce que je vais réussir à tout tenir ? Est-ce que cette place n’est pas trop grande pour moi ? Parce qu’en devenant directrice, tu sais que ton métier va changer. Tu devras piloter, encadrer, assurer la continuité d’activité, défendre des budgets, rechercher des financements, assurer des équilibres financiers… Et parfois, le doute devient puissant. Il vient toucher profondément la femme et la professionnelle que tu es. Mais moi, je veux te dire combien ces peurs sont normales. Elles ne disent pas que tu n’es pas à ta place. Elles disent simplement que cette responsabilité compte profondément pour toi, que tu es lucide et que tu l’incarnes déjà. Car ce qui te pousse à reprendre des études à ce stade de ta vie, vient trouver du sens dans la fidélité à ce que tu portes depuis toujours : prendre soin de l’humain, quelle que soit sa condition, son contexte, ses fragilités, et lui offrir une place digne. Et ça, je crois que c’est précisément ta force. Oui, la tâche sera exigeante. Oui, il y aura des murs à pousser. Mais je vois déjà combien tu prends cette évolution professionnelle à bras le corps. Tu es cette femme capable de porter plus haut le droit social, à son échelle, avec conviction et humanité. Alors je veux t’encourager à garder confiance en toi. Parce qu’une chose est certaine : l’humanité que tu offres aujourd’hui aux personnes accompagnées, tu sauras l’offrir demain à tes équipes. Tu sauras écouter, soutenir et impulser. Chère professionnelle engagée dans l’accompagnement de l’autre, ta sensibilité, loin d’être une faiblesse, sera probablement l’une de tes plus grandes compétences de directrice. Bien à toi.